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ÉCONOMIE: Externaliser à Sarajevo, le pari de Soft Wizards
  Date de parution: Jeudi 28 avril 2005
Auteur: Anouch Seydtaghia
  GENEVE. La société de services web effectue sa programmation en Bosnie.
 

Externaliser des services informatiques en Bosnie? La démarche est inhabituelle et, selon les responsables de la firme genevoise Soft Wizards, elle serait même unique. Depuis deux mois, la petite firme – elle compte quatre employés et ne communique pas son chiffre d'affaires – possède ainsi un solide argument pour se démarquer de la concurrence: des coûts inférieurs de 30 à 60%. Que ce soit pour des projets de sites internet, intranet ou le développement d'applications spécifiques, la programmation s'effectue désormais à Sarajevo.

D'origine bosniaque, Dragana Straus, directrice de Soft Wizards, lance l'idée en septembre passé. Elle contacte dix programmateurs sur place, avant que le système ne soit mis en place en février dernier via une société sœur baptisée Soft Makers. «Les informaticiens bosniaques ont étudié durant la guerre dans des universités en Autriche et en Allemagne, explique-t-elle. Ils sont donc très bien formés, et très motivés. Ils coûtent bien entendu moins cher que des informaticiens suisses, même si la Bosnie respecte déjà les critères sociaux en vigueur dans l'Union européenne. Pour nous, c'est aussi une manière d'aider à notre façon le décollage de la Bosnie.» Autre avantage, il n'y a pas de décalage horaire entre Genève et Sarajevo, et la qualité des communications entre les deux villes est excellente. Dragana Straus se rend en Bosnie une semaine par mois pour superviser le travail sur place.

Externaliser une grande partie de la programmation de nouveaux systèmes, la tendance n'est pas nouvelle. De nombreuses sociétés suisses actives dans les services informatiques ont déjà franchi le pas. Certaines s'adressent, via des intermédiaires, à des sous-traitants en Inde, en Chine ou en Thaïlande. «Nous avons un véritable avantage, poursuit Dragana Straus. Nos chefs de projet à Genève communiquent directement avec nos programmateurs à Sarajevo, sans intermédiaire. Les informations circulent beaucoup plus vite, ce qui est très important.»

Après des PME, Soft Wizards compte désormais s'attaquer à de plus gros clients, telles des banques ou des administrations. «Je suis certain que notre nouvelle spécificité nous permettra de croître, affirme Didier Cassani, directeur commercial. Je pense aussi que certains concurrents songeront également rapidement à externaliser à l'Est.»